Asger Jorn (1914 – 1973) est considéré comme l’artiste danois le plus important du XX° siècle.
Arrivé en France dans les années 1930, il est d’abord l’élève de Fernand Léger, avant de devenir dans les années 1950-1960 un des
leaders des mouvements d’avant-garde, tels que le mouvement Cobra fondé en 195-48 avec Constant, Appel, Alechinsky, Dotremont
et d’autres encore, tels que le mouvement pour un Bauhaus imaginiste, ou encore tels que l ‘Internationale situationniste.
Après avoir découvert les univers de Kandinsky, Klee et Miro, Jorn développe son propre langage artistique: l’expression devient
plus spontanée, très colorée. Son univers se tourne vers l’irrationnel, l’abstraction devient intense comme sa palette de couleurs.
Le mouvement Cobra, fondé en 1948 puis dissous en 1951 apporte une grande liberté. Cobra désigne à la fois les premières lettres
des capitales d’où sont originaires les artistes (Copenhague, Bruxelles, Amsterdam) que le reptile dont l’image évoque un monde
scandinave mystérieux et un bestiaire fantastique et mythologique.
De nombreuses influences collectives ont conduit tous ces artistes à une grande intensité expressionniste.
Asger Jorn expérimente alors de nombreuses techniques, il réalise des gravures, des tapisseries, des peintures murales, des céramiques
et un grand nombre de dessins.
Il donne plus de cinq cent dessins au Musée de Silkeborg au Danemark qui le fond s le plus important de son oeuvre.
Un ensemble de cent de ces dessins constitue l’exposition, la première de cet artiste depuis plus de 30 ans.
Dans la plupart des dessins, les lignes font contrepoids aux masses de couleurs et s’entremêlent sans intention figurative dans
une très grande liberté, happant le regard du spectateur dans un rythme énergique et puissant.
Au coeur de cette activité artistique qui lutte contre toute spécialisation, émerge un réflexion politique engagée, portée par une
analyse marxiste révolutionnaire de la société. Il écrit avec humour dans un manifeste « Pour la forme » en 1958:
« Soyez modernes, collectionneurs, musées. Si vous avez des peintures anciennes, ne désespérez pas.
Gardez vos souvenirs mais détournez-les pour qu’ils correspondent à votre époque. Pourquoi rejeter
l’ancien si on peut le moderniser avec quelques traits de pinceau? Ça jette de l’actualité sur votre vieille
culture. Soyez à la page, et distingués du même coup. La peinture, c’est fini. Autant donner le coup de grâce.
Détournez. Vive la peinture! »






