Musée Haut Musée Bas

Enfin de la vie au musée! Le film de Jean-Michel Ribes caricature le monde fermé des musées et de l’art contemporain en particulier. Tout le monde en prend pour son grade, les visiteurs néophytes ou avertis, les conservateurs et les gardiens, les hommes politiques et les artistes. On assiste à une série de sketchs qui épinglent des gardiens épuisés par Rodin, un ministre inaugurant une exposition de 300 photos de sexes, un visiteur égaré cherchant sa voiture entre le parking Rembrandt et le parking Vélasquez, un passager clandestin arrivé d’Afrique caché dans le container d’une statue, un conservateur terrorisé par les plantes vertes, une mère tuée puis plastifiée au nom de l’art, une famille de provinciaux accros aux impressionnistes.

« Moi, j’adore toute cette période qui va de Vinci à Warhol », dit une fashion victim.

Le film n’est pas un documentaire sur les musées, mais le huis-clos où joue le monde entier.

Souvent au cinéma, le musée sert de scène au suspense, au mystère, aux intrigues policières.

Dans « Musée Haut Musée Bas », un savoureux mélange de délire burlesque et de situations absurdes transforment le musée en arche de Noé géante. Le musée Titanic bascule alors coupole par dessus tête

englouti dans les eaux.

« J’aime le décalage, l’absurde, parce qu’on s’attaque à la racine du mal et aux dysfonctionnements de la société, on met la réalité à l’envers pour montrer à quel point elle n’est pas terrible à l’endroit ».

Jean-Michel Ribes.

Ce billet est rangé dans la catégorie Spectacles et a été rédigé le 24 novembre 2008