Une image, une histoire: Le Baiser de l’Hôtel de Ville

Une image, une histoire: Le Baiser de l’Hôtel de Ville

En 1950, le magazine Life commande à Robert Doisneau un reportage photographique sur les amoureux de Paris. C’est l’après guerre, le temps est à la reconstruction, mais les coeurs sont légers; nous sommes en paix, l’occupation et la guerre sont terminées; Paris renaît.
C’est le moment de célébrer l’amour, l’insouciance, les petites choses qui font le bonheur, et c’est surement dans cette optique que le magazine Life décide de consacrer un reportage aux couples s’aimant dans la ville de Paris. Paris léger, Paris amour, Paris lumière.
Robert Doisneau, ce jour de Printemps est assis en terrasse et nous offre ce cliché, qui paraît pris sur le vif, d’un baiser passionné entre deux amants au milieu d’une ville en mouvement. Arrêt sur image, le baiser semble hors du temps, comme une parenthèse dans le fourmillement continu de la ville. Cette image nous montre un moment d’amour, de connexion entre les deux protagonistes qui ne semblent rien voir de ce qui les entoure.
Doisneau avouera plus tard que cette image n’a pas exactement été prise sur le vif. Voyant une première fois les amoureux s’embrasser sans pouvoir les photographier comme il le désirait, il leur aurait demandé de rejouer la scène pour lui, moyennant rémunération, afin de pouvoir prendre cette image, qui deviendra Le baiser de l’Hôtel de ville.

Lors de sa publication, l’image passe presque inaperçue, et ce n’est que dans les années 1980, trente ans après, lorsqu’elle sera commercialisée en posters et cartes postales, qu’elle connaîtra un succès immense auprès du grand public et partout dans le monde. En 1992 la photographie de Doisneau aura déjà été vendue à plus de 400 000 exemplaires.
L’histoire du baiser de l’Hôtel de ville ne s’arrête pas là. Il s’avère que devant le succès immense de la photographie, trois personnes se reconnaissent sur le cliché et entament un procès au photographe pour atteinte aux droits d’image. Mme Bonnet, qui pourra prouver qu’elle est bel et bien la jeune femme du cliché grâce à un tirage original de la photo offert par Robert Doisneau en 1950 pour la remercier d’avoir posé pour lui, se verra néanmoins refuser ses droits d’images, puisque d’après le tribunal, elle n’est pas reconnaissable sur la photo.
Plusieurs procès, une image composée par le photographe qui semble prise sur le vif, un cliché symbolique, qui célèbre l’amour, la vie, Paris. Un portrait emblématique, qui aura fait le tour du monde, et qui donne bien à penser quant à la puissance d’une image.

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