Une image, une histoire: La jupe de Marilyn

Marilyn_Monroe , "Seven Year Itch", 1955 (photo: Sam Shaw,Shaw Family Archives©)

Star hollywoodienne et sex-symbol, l’actrice la plus prisée de son époque, Marilyn a su se faire aimer de son public et des réalisateurs, et devenir en quelques années une figure incontournable du cinéma. En 1954, elle est déjà la plus en vogue des actrices américaines, tous les yeux scrutent ses moindres mouvements. Pour le tournage… Poursuivre la lecture de Une image, une histoire: La jupe de Marilyn

Une image, une histoire: Les Jeux olympiques d’été de 1968

Le 12 octobre 1968, à l’ouverture des Jeux Olympiques de Mexico, l’ambiance est lourde. Nous sommes six mois après l’assassinat de Martin Luther King, et dix jours seulement après le massacre de Tlatelolco*. *Le 2 octobre 1968, une manifestation étudiante pacifiste protestant contre le coût élevé de l’événement dans un pays où la misère règne… Poursuivre la lecture de Une image, une histoire: Les Jeux olympiques d’été de 1968

Une image, une histoire: I want you for US Army, James Montgomery Flagg

Quand Oncle Sam vous pointe du doigt en vous disant « I want you for US Army« , il y a de quoi y réfléchir à deux fois. Personnage emblématique, et allégorie des États-Unis, Oncle Sam est le symbole du pays, il apparut dans les années 1810. Samuel Wilson, fournisseur de viande de Troy est à l’origine… Poursuivre la lecture de Une image, une histoire: I want you for US Army, James Montgomery Flagg

Une image, une histoire: L’accident ferroviaire de la gare Montparnasse

  Ce 22 octobre 1895 aurait pu être un jour comme les autres à la gare de Montparnasse, avec seulement un retard de 7 minutes du train express n° 56 desservant la ligne Granville – Paris. Seulement voilà, ce mardi, alors qu’il tentait de regagner son retard initial, le chauffeur du train express arriva dans… Poursuivre la lecture de Une image, une histoire: L’accident ferroviaire de la gare Montparnasse

C’est en 1881 que Rodolphe Salis ouvre son premier cabaret boulevard Rochechouart. La légende raconte que quand il arriva dans les lieux, il reçut la visite d’un chat errant, tout noir, qui vint miauler à sa porte. Il décida de l’accueillir, et de baptiser son établissement après cette rencontre, en hommage à son premier visiteur. Montmartre à l’époque était peuplé de chats errants, symboles de la vie de bohème, et du quartier. Le chat noir se réfère sans doute aussi à la nouvelle fantastique d’Edgar Allan Poe, et bien sûr plus largement à toute la symbolique de l’animal, emblème superstitieux de sorcellerie, de la vie nocturne, etc.

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La troisième et dernière adresse du Chat Noir

 

Le succès du cabaret du Chat Noir se fait rapidement. Lieu de rassemblement de nombreux poètes et artistes, comme Verlaine, Debussy, Toulouse Lautrec, le cabaret devient vite un lieu incontournable dans tout Paris, et Rodolphe Salis déménage pour s’offrir un établissement plus grand, rue Laval. L’effervescence du lieu est emblématique, et il devient le premier cabaret artistique de Paris. Face à son succès, Rodolphe Salis décide d’organiser une tournée dans toute la France, et demande en 1896 à l’un de ses fidèles clients, Théophile-Alexandre Steinlen, de lui dessiner une affiche.


C’est de là que nous vient ce célèbre dessin, La tournée du Chat Noir. Un chat auréolé défie du regard le spectateur, pour lui proposer une tournée de spectacles. Les couleurs vives, la grande silhouette du chat, ne passent pas inaperçues. Une affiche incontournable pour un lieu emblématique. Si le cabaret ferma deux ans après la mort de Robert Salis, cette illustration de Théophile-Alexandre Steinlen resta, elle, le symbole de ce lieu et de la vie bohème de ces années. Reproduite sur de nombreux posters, cartes postales, et autres supports, l’image est aujourd’hui connue de tous et permet encore de se rappeler de ce lieu si symbolique de Montmartre à son époque.

Tournée du Chat Noir, Théophile Alexandre Steinlen

Life is beautiful est une peinture de street art qui fut réalisée à Los Angeles par l’artiste Banksy. Représentant le visage de la chanteuse jazz Billie Holiday la bouche grande ouverte, sûrement au plein milieu d’une chanson, qui semble clamer, (ou plutôt chanter?) le slogan écrit à coté de son visage « Life is Beautiful ». Certainement l’une des œuvres les plus populaires de Banksy, cette peinture murale est une hymne à la joie, à la beauté du monde. Les grosses lettres noires tracées avec énergie sur ce mur de briques blanc ne semblent pas laisser de doute quant au sens du slogan. Une grande fleur rose, dans les cheveux de la chanteuse, attire l’attention; la vie est la fleur, la vie est le chant, la vie est le jazz, la vie est la femme. La force de cette peinture ainsi que celle de l’ensemble de la production de Banksy est qu’elle devient facilement sujet à interprétation. L’image n’a pas de message unique, elle peut être lue par chacun différemment, et chacune de ses lectures lui donnera un sens particulier. Ici, une seule chose est sûre: Life is Beautiful.

 


Plus d’images de Banksy ci dessous:

 

En 1943, pendant la seconde guerre mondiale, le Westinghouse Electric, entreprise d’armement américaine, commande à J. Howard Miller une série d’affiches pour motiver ses ouvriers à travailler plus et à s’investir davantage dans leur entreprise. Cette campagne est destinée à réduire l’absentéisme et minimiser les risques de grèves dans l’usine. Dans le cadre de cette commande, l’illustrateur a créé plus d’une quarantaine d’affiches, chacune exposée environ deux semaines au sein des établissements de la chaîne. La célèbre affiche We can do it! fut imprimée à moins de 2000 exemplaires et fut affichée dans quelques usines, dans lesquelles les ouvrières (principalement des femmes) fabriquaient des revêtements de casques. L’image est ensuite remplacée par une autre illustration, puis peu à peu oubliée.
Redécouverte dans les années 1980 puis largement reproduite, le dessin devient alors emblématique du mouvement féministe. La réappropriation de l’illustration lui attribue un sens nouveau. D’une travailleuse des années 40 levant le point et certifiant qu’elle peut participer à l’effort de guerre, cette femme devient toutes les femmes, qui sont déterminées à changer leur statut et s’affirmer comme l’égal de l’homme. Manches relevées, poing en l’air, regard franc, J. Howard Miller dépeint une ouvrière entreprenante et apprêtée, assumant sa féminité et proclamant avec détermination « Nous pouvons le faire ».
Ayant même été reprise sur un timbre postal en 1999, la force de cette image réside aussi dans les différentes lectures qu’il est possible de projeter sur ce slogan, ce portrait, et ce geste. On y lit une grande détermination, une réelle volonté de « pouvoir le faire ». Faire quoi? En fonction des époques, des mouvements politiques, sociaux, des idéaux pour lesquels nous voulons nous battre, le message peux être interprété. Et c’est là la beauté de cette affiche, que la représentation puisse devenir support de projection, d’appropriation, de réinterprétation.

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Ci dessous, quelques autres affiches d’Howard Miller de la même série:

 

 

En 1950, le magazine Life commande à Robert Doisneau un reportage photographique sur les amoureux de Paris. C’est l’après guerre, le temps est à la reconstruction, mais les coeurs sont légers; nous sommes en paix, l’occupation et la guerre sont terminées; Paris renaît.
C’est le moment de célébrer l’amour, l’insouciance, les petites choses qui font le bonheur, et c’est surement dans cette optique que le magazine Life décide de consacrer un reportage aux couples s’aimant dans la ville de Paris. Paris léger, Paris amour, Paris lumière.
Robert Doisneau, ce jour de Printemps est assis en terrasse et nous offre ce cliché, qui paraît pris sur le vif, d’un baiser passionné entre deux amants au milieu d’une ville en mouvement. Arrêt sur image, le baiser semble hors du temps, comme une parenthèse dans le fourmillement continu de la ville. Cette image nous montre un moment d’amour, de connexion entre les deux protagonistes qui ne semblent rien voir de ce qui les entoure.
Doisneau avouera plus tard que cette image n’a pas exactement été prise sur le vif. Voyant une première fois les amoureux s’embrasser sans pouvoir les photographier comme il le désirait, il leur aurait demandé de rejouer la scène pour lui, moyennant rémunération, afin de pouvoir prendre cette image, qui deviendra Le baiser de l’Hôtel de ville.

Lors de sa publication, l’image passe presque inaperçue, et ce n’est que dans les années 1980, trente ans après, lorsqu’elle sera commercialisée en posters et cartes postales, qu’elle connaîtra un succès immense auprès du grand public et partout dans le monde. En 1992 la photographie de Doisneau aura déjà été vendue à plus de 400 000 exemplaires.
L’histoire du baiser de l’Hôtel de ville ne s’arrête pas là. Il s’avère que devant le succès immense de la photographie, trois personnes se reconnaissent sur le cliché et entament un procès au photographe pour atteinte aux droits d’image. Mme Bonnet, qui pourra prouver qu’elle est bel et bien la jeune femme du cliché grâce à un tirage original de la photo offert par Robert Doisneau en 1950 pour la remercier d’avoir posé pour lui, se verra néanmoins refuser ses droits d’images, puisque d’après le tribunal, elle n’est pas reconnaissable sur la photo.
Plusieurs procès, une image composée par le photographe qui semble prise sur le vif, un cliché symbolique, qui célèbre l’amour, la vie, Paris. Un portrait emblématique, qui aura fait le tour du monde, et qui donne bien à penser quant à la puissance d’une image.